Je ne sais pas pour vous, mais je suis fan de l’émission Last Week tonight animée par John Oliver sur HBO. Je trouve que cette émission réussit le challenge d’être à la fois drôle et informative. Je regardais donc le segment sur les drônes l’autre jour (que vous pouvez voir sur Youtube ici) et j’ai comme d’habitude à la fois beaucoup ri et été horrifiée par ce que cette technologie peut faire.

Un drone est donc un appareil volant opéré à distance. Utilisés par les militaires, il peuvent tout simplement détruire une cible à un point A en touchant un bouton à l’autre bout du monde. Mais comme  je l’ai découvert en lisant un article, ils sont aussi largement utilisés par les artistes.

Pour sensibiliser

Un certains nombre de projets artistiques visent à sensibiliser sur ce que peuvent causer les drones.

Le projet #NotABugSplat (littéralement « pas un insecte écrasé ») par exemple, s’inspire du mouvement ‘inside out’ de l’artiste français JR. Un poster géant d’un visage d’enfant a ainsi été posé dans la région de Khyber Pukhtoonkhwa au Pakistan, où les attaques de drones sont monnaie courante. L’idée est que les personnes dirigeant les drones soient obligées de penser aux vies en jeu avant d’attaquer, et que cela puisse influencer bien sur les parlementaires. Vous pouvez en apprendre plus sur ce projet ici (en français) et ici (en anglais).

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James Bridle, un artiste londonien (et bien plus, mais cela pourrait être l’objet d’un autre billet) est fasciné par les drones. Il est connu pour ses Drone Shadows (Ombres de drones), silhouettes à taille réelle de drones militaires américains qu’il a réalisé sur les trottoirs, routes et parkings en Grande Bretagne, en Turquie, Norvège et aux Etats-Unis. Il a également créé Dronestagram, un site sur lequel il publie les images satellites des lieux des frappes des drones américains.

Drone Shadows 002

L’approche de l’artiste américain Trevor Paglen est elle autour du secret. Dans sa série Untitled (Drones) il a photographié les engins comme des points minuscules dans le ciel et les paysages. « Photographier quelque chose, c’est insister sur le droit de chacun à le faire », dit il. « C’est un acte qui est très incarné – une performance d’une certaine manière. C’est flippant parce que vous êtes en train de regarder un drone et vous le voyez tourner et venir droit vers vous. Vous pouvez presque voir la caméra qui vous regarde.

Il a également réalisé une vidéo, Drone Vision dans lequel il utilise des images filmées du point de vue du drone, qu’il a récupérées en exploitant une faille dans le système de sécurité.

Comme outils artistiques

D’autres artistes ont choisi d’utiliser cette technologie pour changer la manière dont ils créent leur art.

L’artiste américain de street artist KATSU a créé un système lui permettant d’attacher un spray à un quadcopter, créant ainsi le premier drone graffiti du monde. Le drone est capable de diffuser de la peinture à des centaines de mètres du sol, permettant à l’artiste d’accéder à des zones jusque là inaccessibles. Vous pouvez en apprendre plus sur le sujet ici.

Depuis 2007, l’artiste autrichienne Addie Wagenknecht utilise elle aussi des drones pour peindre sa série Black Hawk. les drones peignent de l’art abstrait sur un canevas posé au sol.

Black Hawk Powder, 2014 heat reactive pigment on vellum, 87 x 24 in / 221 x 61 cm, Photo by John Berens for bitforms gallery, New York City, United States

Mais les deones ne sont pas exclusifs et ils ont envahi d’autres formes artistiques.

Laurent Grasso, réalisateur français, les a utilisé pour filmer Pompei et le Stromboli. Le photographe français Raphael Dellaporta les utilise pour photographier des zones isolées ou inaccessibles en afghanistan.

Au japon, la compagnie de danse ElevenPlay  a créé  une chorégraphie avec des drones. Au début les drones suivent les mouvements des danseurs puis ils les remplacent. Et le Cirque du Soleil vient de collaborer avec l’Université ETH de Zurich pour créer un court métrage intitulé Sparked, dans lequel danseurs et drones sont en totale synchronicité. Le film a été tourné sans coupure et sans effets spéciaux, les drones étant contrôlés par un chorégraphe numérique : un ordinateur qui suivait mouvements des drones 200 fois par seconde.

Et demain ?

Si vous êtes intéressés par les drones, une excellente source d’information (en anglais) et le Center for the Study of the Drone une communauté pluridisciplinaire de recherche, éducative et artistique qui cherche à comprendre ces véhicules, créé par le Bard College.

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